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NICOLAS PESLIER : pour le meilleur du jazz d'aujourd'hui
Jeudi, 2 mai, 2019 10:25     A+ | a-
L'occasion m'a été donnée d'entendre une excellente formation française sous la direction du clarinettiste Guy Bonne dans un hommage aux petits groupements de Benny Goodman de 1939 à 1941. Il s'agissait d'évoquer un orchestre qui avait été important dans l'histoire du jazz puisqu'il comprenait en son sein le jeune et brillant guitariste Charlie Christian. Les enregistrements de Benny Goodman réalisés à l'époque comptent parmi les trop rares témoignages de ce grand musicien, car chacun sait que Charlie Christian devait être emporté par la tuberculose quelques mois après ces disques.
L'orchestre de Guy Bonne comprenait Nicolas Peslier à la guitare, Philippe Milanta au piano, Sébastien Girardot à la contrebasse et Stéphane Roger à la batterie, le tout constituant un ensemble très homogène, swinguant comme un seul homme. Pas  étonnant avec des musiciens de ce niveau. Mais incontestablement l'homme de la soirée fut Nicolas Peslier.

En toute logique d'abord car le concert s'intitulait " Hommage à Benny Goodman et à Charlie Christian " et donc la clarinette et la guitare avaient la part belle. Ensuite Nicolas Peslier eut l'occasion de s'exprimer longuement, bien plus me semble-t-il que lors des nombreuses fois où j'ai pu l'entendre avec diverses formations.

Le talent de Nicolas Peslier ne m'était pas inconnu, et cette prestation m'a convaincu que ce musicien méritait que l'on parle un peu de lui. On ne compte pas les multiples orchestres auxquels Nicolas Peslier a participé ces dernières années, mais il y tient plutôt un rôle d'accompagnateur même s'il prend de temps en temps un solo. Lors de l'hommage à Charlie Christian les qualités de Nicolas Peslier ont été mises en évidence.
Son discours est extrêmement cohérent avec des improvisations " confortables " pour l'auditeur, qui racontent une histoire. Et tout cela avec des phrases harmoniquement audacieuses, sans laisser place à une certaine facilité. Sa musique "respire", il ne manque pas de marquer parfois quelques silences bienvenus. L'ensemble avec un langage très jazz, swinguant à l'extrême. Que demander d'autre ! Si, il y a encore un plus : Nicolas Peslier a le sens du blues, il est à fleur de peau. Du blues il utilise les inflexions, il colorie en bleu les standards ou les ballades.
J'ajoute que de mon point de vue, Nicolas Peslier a cette qualité qu'ont quelques musiciens, celle d'une certaine " infaillibilité ", il joue avec une grande constance, comme le firent par exemple Buck Clayton ou Johnny Hodges dans l'histoire du jazz. Jamais un solo en dessous d'un certain niveau.

Je ne connais pas (mais je peux me tromper) de séance d'enregistrement conduite par Nicolas Peslier. Il existe quelques vidéos sur Youtube mais pour illustrer sa musique, j'ai choisi un disque enregistré avec Pat Giraud à l'orgue, Michel Pastre au ténor, Simon Boyer à la batterie.
Bien qu'enregistré un peu en retrait, on peut entendre Nicolas Peslier prendre un excellent solo dans Sweet Love. A l'occasion, on peut constater à l'écoute de ce morceau que Nicolas Peslier est aussi un excellent accompagnateur, ne manquant pas d'à-propos.

Pour revenir aux qualités de musicien de Nicolas Peslier, il est frappant de constater combien il a su assimiler le langage de Charlie Christian avec sa continuité mélodique émaillée de soudaines audaces musicales. Quant au sens du blues, il n'est pas étonnant puisque Nicolas Peslier se réclame entre autres de Kenny Burrell et Billy Butler qui eux-mêmes ont puisé chez Charlie Christian. Mais n'oublions pas que Charlie Christian aussi jouait magnifiquement le blues.

Il m'a semblé important de souligner toutes les qualités de ce musicien par ailleurs très (trop) discret.
 
Commentaires : (6)
pierre christophe
#6
06 mai 2019 19:45
Je partage totalement l'avis de l'auteur de ces lignes sur Nicolas Peslier. Nous avons la chance d'avoir avec Nicolas un musicien exceptionnel, un talent comme on en rencontre qu'un ou deux par génération: je pèse mes mots : exceptionnel et il est inutile que je revienne sur ce qu'en dit cet article, car tout y est dit avec précision et justesse. Un souhait: Que soient nombreux les organisateurs de concert de jazz à produire un aussi grand talent.

Pierre CHRISTOPHE
Gabriel
#5
06 mai 2019 13:29
Toutes mes excuses aux deux Nicolas pour le lapsus dans l'objet du mail !
Jimmy Domange
#4
06 mai 2019 11:09
Le lapsus du titre du message est amusant.Je souscris à ce que je lis sur Micolas, le fils de Bouzou Peslier mais Nicolas Montier qui ne se contente pas d'être le talentueux disciple de Hawkins que l'on sait est aussi un super guitariste. Alors un grand Bravo à ces deux Nicolas qui swinguent.
Gabriel
#3
06 mai 2019 10:56
Merci pour vos encouragements
Louesdon Alain
#2
06 mai 2019 9:19
Bravo pour votre blog ,toujours des articles intéressants et très bien documentés.
sabarros
#1
06 mai 2019 9:01
merci pour ces rafraichissantes et très pertinentes chroniques qui ont l'art de nous faire aimer et parfois découvrir de beaux talents.

Antoine
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