jazz, blues & blog
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I'M WATCHING THE CLOCK : KING OLIVER et les temps difficiles.
02 septembre 2019 19:33
Après une longue pause estivale je reviens avec un sujet qui me passionne : King Oliver  au travers de son enregistrement d'I’m Watching The Clock du 12 septembre 1928.

En écrivant cela je sais que beaucoup vont douter de l’intérêt de parler de ce cornettiste  aux disques qui grattent, que l’on entend peu et qui a été depuis largement « dépassé » par nombre de musiciens.
Les dessinateurs de Lascaux qui ne connaissaient pas la perspective et bien d’autres aspects de l’art du dessin, ont eux-mêmes été dépassés. Mais quelle émotion ils transmettent ! Et on se presse pour voir les fac-similés. 
Alors, pourquoi pas King Oliver ?
 
Pour ceux qui souhaitent tout savoir sur ce musicien je conseille vivement de lire sa passionnante biographie-discographie, extrêmement documentée, écrite par Walter Allen et Brian Rust et remise à jour en 1987 par Laurie Wright.
 
King ...

MR CHARLES BLUES : Quand Ray Charles rend hommage à T-Bone Walker
28 mai 2019 21:43
L'écoute de SWING FM, l'excellente radio du Hot Club de Limoges, apporte souvent son lot de bonnes surprises.
C'est ainsi que j'ai eu le plaisir de découvrir une formidable interprétation de Ray Charles de 1953 : Mr Charles Blues. Or ce blues est une autre version d'un de mes T-Bone Walker favoris : I Got A Break Baby. Il n'est pas rare que des blues soient repris par un autre interprète car dans le monde du blues les mélodies comme les paroles font partie d'un patrimoine commun dans lequel chaque artiste puise au gré de son inspiration du moment (voir cet article au sujet de Juke de Little Walter). Ray Charles a par exemple interprété Going Down Slow de St. Louis Jimmy ou le The Right Time Is The Night Time de Roosevelt Sykes. Le blues aussi a ses standards. ...

NICOLAS PESLIER : pour le meilleur du jazz d'aujourd'hui
02 mai 2019 10:25
L'occasion m'a été donnée d'entendre une excellente formation française sous la direction du clarinettiste Guy Bonne dans un hommage aux petits groupements de Benny Goodman de 1939 à 1941. Il s'agissait d'évoquer un orchestre qui avait été important dans l'histoire du jazz puisqu'il comprenait en son sein le jeune et brillant guitariste Charlie Christian. Les enregistrements de Benny Goodman réalisés à l'époque comptent parmi les trop rares témoignages de ce grand musicien, car chacun sait que Charlie Christian devait être emporté par la tuberculose quelques mois après ces disques.
L'orchestre de Guy Bonne comprenait Nicolas Peslier à la guitare, Philippe Milanta au piano, Sébastien Girardot à la contrebasse et Stéphane Roger à la batterie, le tout constituant un ensemble très homogène, swinguant comme un seul homme. Pas  étonnant avec des musiciens de ce niveau. Mais incontestablement l'homme de la soirée fut Nicolas Peslier. ...

PETE JOHNSON : You Don't Know My Mind
11 avril 2019 8:31
Il y quelques années je circulais dans mon automobile essayant de capter quelques bribes de jazz sur France Musique, à l'heure où les amateurs de jazz sont supposés écouter la radio, c'est à dire vers 18h-19h. L'animateur, mais peut-être étaient-ils deux, car il fallait bien être deux pour ça, nous proposait ce soir-là des morceaux faisant référence aux grandes villes du monde. On sentait que le fichier des disques de Radio-France avait été épluché, et on avait droit à peu près à tout et n'importe quoi pourvu qu'il y ait un nom de ville dans le titre.
J'étais prêt à revenir à mes méditations silencieuses lorsque soudain, en référence à Los Angeles, on nous gratifia d'un L.A. Blues interprété par un obscur " blue shouter " : Crown Prince Waterford. Pour tout dire, c'était un plutôt médiocre chanteur. Qui plus est l'orchestre qui l'accompagnait ...

HAMPTON HAWES, bopper peut-être, swingman sûrement
18 mars 2019 10:30
Le pianiste HAMPTON HAWES est classé comme bopper, et cela semble plutôt naturel à l'écoute de ses enregistrements.
Nombre de ses phrases sont empruntées directement à CHARLIE PARKER (avec lequel il était ami), en passant par la case BUD POWELL (mais ce n’est pas sûr car il avoue s’être inspiré directement de CHARLIE PARKER). Peu importe tout cela, car encore une fois, en jazz c’est la façon de jouer qui compte. Par façon de jouer j’entends l’accent particulier que l’on va donner aux phrases que l’on joue.
Or de ce côté-là il se distingue selon moi de la plupart des pianistes bop de sa génération.
Prenons par exemple All The Things You Are enregistré en 1955. Je l’entends comme un hommage à ART TATUM. Après une belle introduction hors tempo très musicale et chantante, pleine de trouvailles, HAMPTON HAWES démarre son improvisation avec ...

Le JAZZ et le BLUES, vaste sujet
19 décembre 2018 10:58
Tout le monde connaît cette blague : « Quelle est la différence entre un musicien de jazz et un musicien de blues ? » Réponse : « Le musicien de blues joue trois notes devant mille personnes alors que pour le musicien de jazz c’est le contraire … ».
Comme toujours il y a beaucoup de vérité dans les blagues comme dans les proverbes. Celle-ci nous enseigne deux choses :
1° le jazz est perçu comme une musique absconse destinée à un public averti,
2° le blues et le jazz sont deux musiques très différentes.
 
Si la première remarque appellerait beaucoup de commentaires, intéressons-nous ici à la seconde.
 
Pourquoi  y aurait-il de l’eau dans le gaz entre le jazz et la java, euh pardon, entre le jazz et le blues ?
On dit souvent que ce sont deux mondes qui s’ignorent. Les musiciens de jazz méprisant un peu les musiciens ...

JUKE de LITTLE WALTER ou le meilleur du saxophone du Mississipi
18 décembre 2018 14:34
Dans le blues on a coutume de dire que l’harmonica est le « saxophone du Mississipi » Ce petit instrument a permis à des générations de bluesmen d’accéder aux joies de la musique à moindre frais.Little Walter
Un de ses plus grands serviteurs fut incontestablement LITTLE WALTER (Marion Walter Jacobs). En jouant à même le microphone, à la limite de la saturation, il obtint un son bien à lui, dans la tradition des grands instrumentistes du jazz, pour lesquels il était important d’avoir un " son " personnel. Pousser les instruments dans leurs limites, obtenir des bruits de nature à donner des crises d’apoplexie aux directeurs de conservatoire de l’époque, tout ça pour transmettre de la joie, de la mélancolie ou les deux à la fois, tel était le but de ces musiciens.
Le louisianais LITTLE WALTER est de ceux-là. Sa sonorité est « dirty », son attaque puissante, son ...

HARLEM À LIMOGES
02 décembre 2018 10:54
Il est une ville en France, un peu cachée sur les contreforts ouest du Massif Central, récemment dépossédée de son statut de capitale régionale : Limoges.
Pour certains elle évoque les charmes de la ville à la campagne, pour d'autres la relégation au plus profond de la France rurale. Peu importe le camp dans lequel vous vous situez, sachez que Limoges fut (et est encore souhaitons-le)  une capitale du jazz en France !
Et ceci grâce à l'énergie d'un petit bonhomme passionné, Jean-Marie-Masse.
Né à Limoges, homme de radio, musicien, peintre, organisateur, il a su créer une telle dynamique sur le jazz dans sa bonne ville de Limoges, que nul  limousin n'ignore le nom de Jean-Marie Masse. Il créa d'abord le Hot Club de Limoges qui fut une véritable université du jazz produisant de nombreux connaisseurs qui allaient eux-mêmes être des ...

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